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Genèse de l'œuvre
Primo Levi avait été
chargé en
1945, avec un autre déporté,
de rédiger un rapport technique sur le fonctionnement
du
camp d'extermination d'Auschwitz
pour les Alliés. Ce travail lui servira de base pour la
rédaction de Se questo è un uomo. Il lui fut difficile
de trouver un éditeur italien. Finalement le livre parut en
1947, publié à 2 500
exemplaires et passa inaperçu. Ce n'est qu'à la publication de
son second livre
La Trêve (La Tregua),
en
1963, que Primo Levi fut
remarqué, et que Se questo è un uomo trouva sa place et
fut traduit en de nombreuses langues. Ce n'est qu'en
1987 qu'il fut traduit en
français.
Le récit
Si c'est un homme
raconte l'expérience des
camps d'extermination des
juifs, vécue par l'auteur,
pendant la
Seconde Guerre mondiale. Il
explique, à partir de son quotidien dans le camp, la lutte et
l'organisation pour la survie des prisonniers. Tout au long de
ce récit, Primo Levi montre les horreurs de la déshumanisation
des camps.
Ce livre comprend de
nombreuses citations et rappels de
La Divine Comédie de
Dante : là où Dante descend
dans les neuf enfers avant de retrouver le paradis, Primo Levi
s'enfonce dans l'horreur de ce camp de concentration. Il est
considéré comme un des meilleurs témoignages sur la
Shoah, car contrairement à
d'autres récits, Primo Lévi ne raconte pas la vie des camps de
manière linéaire mais l'explique sur un ton neutre et
dépassionné presque à la manière d'un sociologue.
L'auteur est arrêté
en février
1944, en
Italie, alors qu'il débutait
des activités de résistant, dans un groupe très peu organisé.
Il est envoyé à
Auschwitz, dans un camp de
travail. Il échappe de justesse à la sélection qui conduisait
à l'élimination pure et simple. De son récit se dégagent
l'humiliation, la perte de dignité humaine que les
nazis ont fait subir aux
Juifs.
Il explique le rôle
des
kapos qui sont en fait des
prisonniers de droit commun, sélectionnés pour leur violence.
Il explique aussi les hiérarchies à l'intérieur du camp, le
"système" de promotion interne, les combines et ainsi
pourquoi certains prisonniers ont pu survivre au "Lager"
plusieurs années alors que la plupart y moururent en quelques
mois.
Son témoignage est
aussi marqué par cette crainte du froid, la faim tenace, le
désintéressement complet des prisonniers pour les plus faibles
d'entre eux. Dans le camp, la solidarité était totalement
absente.
Heureusement, grâce à
sa formation de
chimiste et essentiellement à
sa chance (selon Primo Levi), il va se trouver une place plus
protégée. Malade de la
scarlatine à l'évacuation du
camp par les nazis, il échappe ainsi aux terribles marches
de la mort, et organise avec deux autres camarades encore
valides la survie de son « Block » à l'infirmerie, où il passe
ses derniers jours avant la libération du camp par les
soviétiques.
Un appendice a été
ajouté à partir de
1976 à certaines éditions de
Si c'est un homme, où
Primo Levi essaie de répondre
aux questions récurrentes posées lors de ses conférences.
Poème placé en exergue de Si
c'est un homme
- Vous qui vivez en
toute quiétude
- Bien au chaud dans
vos maisons,
- Vous qui trouvez
le soir en rentrant
- La table mise et
des visages amis,
- Considérez si
c'est un homme
- Que celui qui
peine dans la boue,
- Qui ne connaît pas
de repos,
- Qui se bat pour un
quignon de pain,
- Qui meurt pour un
oui pour un non.
- Considérez si
c'est une femme
- Que celle qui a
perdu son nom et ses cheveux
- Et jusqu'à la
force de se souvenir,
- Les yeux vides et
le sein froid
- Comme une
grenouille en hiver.
- N'oubliez pas que
cela fut,
- Non, ne l'oubliez
pas :
- Gravez ces mots
dans votre cœur,
- Pensez-y chez
vous, dans la rue,
- En vous couchant,
en vous levant ;
- Répétez-les à vos
enfants,
- Ou que votre
maison s'écroule,
- Que la maladie
vous accable,
- Que vos enfants se
détournent de vous.
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