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La France au temps du
Président Fallières
Il est
difficile en quelques mots de résumer tous les aspects politiques,
économiques, sociaux et culturels de la France au début du XXème
siècle ; je choisis donc d’insister sur quelques points qui concernent
essentiellement la société.
Il faut
noter le poids considérable des paysans qui représentent encore 40% de
la population active contre 8% en Grande Bretagne, et la prédominance de la
petite exploitation (85% de 1 à 10 ha.). Il subsiste un important prolétariat
rural composé d’ouvriers agricoles, de domestiques et de journaliers. Les
paysans ont un sentiment d’infériorité par rapport aux citadins :
acculturation, mauvaise maîtrise de la langue française ; mais l’influence de
la ville progresse : danses, hygiène, alimentation, la presse…
La
bourgeoisie constitue la classe dominante. Elle se distingue par la naissance,
la fortune, le niveau d’études, le réseau de relations et son influence
politique. Sa distinction l’oppose au commun, le savoir–vivre est très codifié
et le mariage revêt une importance considérable (dot). La famille est un
Conservatoire de traditions et la bienfaisance est une obligation. C’est aussi
une classe de loisirs qui, parfois étale son luxe avec ostentation, pratique
les sports élégants, profite des stations balnéaires et voyage à l’étranger.
Le monde
ouvrier, quant à lui, est hétérogène, mais avec la concentration industrielle,
il y a développement d’une nouvelle classe ouvrière moderne. Les salaires
sont bas, le chômage saisonnier, l’habitat très médiocre, la nourriture de
qualité insuffisante. Pauvreté et précarité sont importantes, maladies et
usure au travail sont persistantes. Dans ces conditions s’expliquent la
violence des mœurs, l’alcoolisme et les mouvements de grève (notamment celui
de 1906-1910), alors que la législation sociale évolue lentement.
La
condition féminine progresse peu. Le mariage est pour les femmes la norme
impérieuse et leur subordination est justifiée par des raisons médicales,
morales et philosophiques.
La
première guerre mondiale allait en France, comme ailleurs en Europe,
bouleverser les équilibres ; il y a un avant et un après de guerre de
1914-1918, et dans les années vingt, oubliant un peu les difficultés de
l’existence, on se souviendra avec nostalgie de ce qu’on appellera alors « la
Belle Epoque ».
C.
Degraeve
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