Biographie
Hélène Cixous est née en
1937 à Oran. Elle a un frère, Pierre , et perd son père en 1948. Sa
mère, Ève, commence des études de sage-femme.
Elle prépare Hypokhâgne à
Alger, puis Khâgne à Paris en 1905, l’année de son mariage avec Guy
Berger. Elle obtient le CAPES et l’agrégation d’anglais et commence en
1960 une thèse sur James Joyce. Elle aura trois enfants,
Anne-Emmanuelle en 1958, Stéphane en 1960, qui meurt l’année suivante
et Pierre-François en 1961.
Assistante à l’Université
de Bordeaux, elle rencontre Jacques Derrida fin 1962, et Lacan avec
qui elle travaillera régulièrement pendant deux ans. Elle divorce en
1964, et est nommée Maître-assistant à la Sorbonne l’année suivante.
En mai 68, elle participe à tous les événements de Nanterre et de la
Sorbonne. Elle soutient deux thèses avec félicitations du jury. Plus
jeune Docteur de France, elle devient en 1969 titulaire d’une chaire à
Paris VIII. A partir de 1974, elle consacre la majeure partie de son
enseignement au développement interdisciplinaire des Etudes féminines
qui crée à partir de 1984 des antennes en Europe, en Amérique et en
Asie.
En 1971, Ève, sa mère,
expulsée d’Algérie, s’installe avec Omi, la grand-mère, près d’Hélène
à Paris.
Elle crée le Groupe
Information Prison avec Foucault. Elle découvre le travail théâtral
d’Ariane Mnouchkine et écrit sa première œuvre de théâtre en 1975.
Elle collabore avec Antoinette Fouque, fondatrice du MLF en 68. A
partir de 1982-83, elle écrit pour le Théâtre du Soleil. Elle visite
des camps de réfugiés à la frontière du Cambodge, effectue plusieurs
voyages en Inde à la suite desquels elle écrit L’Indiade qui
obtient un énorme succès.
Elle est reconnue dans le
monde entier : Brésil, Californie, Ontario, Alberta, Angleterre.
Derrida meurt en octobre
2004, sa mère en juillet 2005.
Sa production est énorme :
Grasset, l’Herne, le Seuil, Denoël, Christian Bourgeois, Gallimard,
Cahiers Renaud, Barrault, Théâtre du Soleil, des femmes, Galilée.
« C’est la langue
française qui m’a conduite à Paris. »
« A partir de 1955,
j’ai adopté une nationalité imaginaire qui est la nationalité
littéraire. »
Osnabrück
Dans L’amour du Loup et
autres remords (Galilée, p. 161), elle déclare :
« Le livre que je ne
voulais surtout pas écrire, c’est Osnabrück. En octobre 1991,
j’avais pris date, j’annonçai sa non-venue, son exclusion, son
impossibilité, et publiquement, avec pour témoin mon amie Mireille
Calle-Gruber, en conférence au Canada. On ne peut pas écrire sur sa
mère vivante, avais-je déclaré, c’est promis. Juré. Sur ces mots, le
parjure avait commencé.
… Le destin c’est que
nous finissons par faire ce que nous ne voulons surtout pas faire nous
ne pouvons pas ne pas le laisser faire »
On ne raconte pas un
roman-fiction d’Hélène Cixous. Elle ne se raconte pas. Il faut le
lire. J’ai donc lu
des extraits de
Osnabrück à mon auditoire, attentif, surpris et intéressé :
·
Histoire et géographie de la
famille d’Hélène Cixous. De Osnabrück à Oran.
·
Omi, la grand-mère et Ève,
sa mère, nées à Osnabrück.
·
Mort du père. Veuvage d’
Ève.
·
Vieillesse d’ Ève. Ses "rappellations"
pour tester sa "fraîcheur mémorielle"
·
Les disputes mère-fille.
·
p.41 « J’ai toujours
vécu accompagnée d’une certaine solitude, de ma mère…
…On n’a jamais vu une
telle interpénétration de personnes si résolument séparées. »
·
p.61 « A la mort de
mon père : La famille décapitée. Ma mère se marie avec nous. Non.
C’est nous qui l’avons épousée. A son insu. »
·
p. 196 « TONPÈRE L’ILLUSTRE
INCONNU… »
· p. 229 « J’AIMERAIS TANT
ALLER ENCORE UNE FOIS À OSNABRÜCK rêvait ma mère, j’aimerais tant
prendre le train dans cet-endroit-d’où-les-trains-partent encore une
fois et aller voir encore une fois Osnabrück Osnabrück Osnabrück.
- Oui, dis-je. Nous
irons
Livres lus de
l’auteur
L’amour même dans la
boîte aux lettres, L’Amour du loup, Photos de Racines, Or, Les
commencements, Là, Dedans, L’Indiade, La pupille, et le dernier,
Hyperrêve :
« …En oignant sa mère
très malade », elle écrit :
« Or c’est en ces
temps-là, au moment où tout est perdu que je trouverai enfin la
réponse à la mort, le chemin du bonheur dans la douleur : c’est
autre-chose-qu’un rêve, c’est l’hyperrêve » (dans Prière
d’insérer)
La Bibliothèque municipale
de Valenciennes possède quelques livres d’Hélène Cixous