INOUE
Yasushi
(1907-1991) restera sans doute au Japon le plus populaire
écrivain de son temps. Diplômé de philosophie de l’Université de
Tokyo, il est d’abord journaliste. En 1949, il reçoit le prix
AKUTAGAWA pour Le fusil de chasse qui sera traduit dans le
monde entier.
Le fusil de
chasse, bref roman, ne comporte qu’une centaine de pages. Les
trois lettres qui le composent sont confiées à un écrivain qui les
présente en expliquant les circonstances et tire à la fin sa
conclusion. Banale affaire, en apparence : un adultère qui s’achève
par le suicide de la maîtresse.
Les trois lettres, celles de la fille, de l’épouse et de la
maîtresse, sont, sous des formes différentes trois lettres de
rupture, où se font jour déchirement et confusion des sentiments.
Quant au destinataire –le chasseur solitaire- totalement absent d’un
récit dont il occupe le centre, il est à la fin renvoyé au vide
d’une existence sans objet.
Dans Histoire de
ma mère (1977), on retrouve l’immense talent de Inoué. C’est le
récit poignant, minutieux des dernières années d’une femme qui tombe
dans la sénilité, sous le regard impuissant et consterné de sa
famille. Avec force et sobriété, Inoué écrit une histoire éternelle,
plus actuelle que jamais.