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CHOIX DU LIVRE
J’ai entendu un commentaire à la
radio, avec quelques citations bien choisies et cela m’a donné envie
d’acheter ce livre. Pendant les fêtes de Noël, il était sur un guéridon et
plusieurs personnes l’ont feuilleté puis l’ont lu.
J’ai donc choisi de vous
présenter cette histoire drôle qui nous entraîne dans les galères de la
vie moderne sans nous ennuyer.
L'AUTEUR.
Benoît
DUTEURTRE est né près du Havre, au début des années soixante - le jour des
80 ans de son arrière-grand-père René Coty.
Son enfance provinciale se déroule dans un milieu "chrétien de gauche"
de l'après mai 68. Il commence à écrire vers l’âge de 15 ans, montre ses
manuscrits à l'écrivain havrais Armand Salacrou. Découvrant avec passion
la peinture, la littérature et la musique moderne, il entre en fac de
musicologie.
En 1982, il envoie quelques
textes à Samuel Beckett qui l'incite à publie sa première nouvelle dans la
revue Minuit. Installé à Paris, il gagne sa vie en pianotant, fréquente le
milieu du jazz. Du Printemps de Bourges aux Amandiers de Nanterre, les
cheveux rose-fluo, il participe à plusieurs spectacles de théâtre musical
avec Norbert Letheule, Bernard Lubat, Henri Texier. Puis il galère
quelques années : manutentionnaire au BHV, enquêteur pour des instituts de
sondages, accompagnateur de piano dans les cours de danse.
Après la publication de son roman Sommeil perdu (Grasset, 1985),
Benoît Duteurtre trouve quelques jobs dans la presse. Critique musical et
journaliste, il travaille pour des publications très diverses : le Monde
de la musique, Diapason, Elle, Playboy, La vie, Révolution... En 1987, il
fait paraître un second roman : Les vaches (Calmann Lévy).
Son propos se précise dans l’Amoureux malgré lui (Gallimard, 1989).
Ces portraits de femmes composent le premier volet d’une comédie de la
France moderne qui se développera dans les livres suivants. Il revient sur
son apprentissage dans les milieux artistiques et journalistiques dans le
roman Tout doit disparaître (Gallimard, 1992).
En 1993, il tient le feuilleton
littéraire des Lettres Françaises et relance la collection musicale
Solfèges, au Seuil. En 1995, Benoît Duteurtre publie Requiem pour
une avant-garde (Robert Laffont), essai sur la musique contemporaine
qui provoque une vive polémique dans la presse française et étrangère.
Avec le compositeur Marcel Landowski, il crée une association destinée à
soutenir les jeunes compositeurs.
Tableau de Paris à la veille de l’an 2000, son roman Gaieté parisienne
(Gallimard 1996), suscite encore la polémique, cette fois dans le milieu
gay. L'année suivante, Benoît Duteurtre publie Drôle de temps
(Gallimard, puis Folio 2000) qui fait l'objet d'un éloge de Milan Kundera
dans le Nouvel Observateur et obtient le Prix de la Nouvelle de l’Académie
Française. .
En 1999, son roman Les malentendus a pour toile de fond la guerre
du racisme et des bons sentiments. L'humanité applaudit, tandis que
Technikart titre sur "l'homme le plus détesté de Paris". Le livre fait
l'objet d'une adaptation cinématographique qui sera tournée en 2003 par le
cinéaste Alain Robak. En mai 2000 paraît A propos des vaches (Les
Belles Lettres), version revue et définitive du roman Les vaches.
Publié en septembre 2001 chez
Gallimard, Le Voyage en France obtient deux mois plus tard le Prix
Médicis du roman français. Tiré à plus de 50.000 exemplaires, il est en
cours de traduction dans plusieurs pays.
En mai 2002, Benoît Duteurtre publie, aux éditions du Rocher – dans la
collection Colère – un petit essai sur les folies de l'automobile et de la
circulation :
Le grand embouteillage.
BIBLIOGRAPHIE
Romans
La rebelle (Gallimard, 2004)
Service Clientèle (Gallimard, 2003)
Le voyage en France (Gallimard, 2001)
Les malentendus (Gallimard, 1999)
Drôle de temps (Gallimard, 1997)
Gaieté parisienne (Gallimard, 1996)
Tout doit disparaître (Gallimard, 1993)
L'Amoureux malgré lui (Gallimard, 1989)
A propos des vaches (Calmann-Lévy 1987, Les Belles Lettres 2000)
Sommeil perdu (Grasset, 1985)
Essais
Requiem pour une avant-garde
(Robert Laffont 1995)
L'opérette en France (Le Seuil, 1997)
Service clientèle
a été présenté dans différentes revues ou journaux :
L’Humanité (16 octobre 2003)
Le Figaro littéraire (30 octobre 2003)
Le Figaro Magazine ( 31 octobre 2003)
Lire ( novembre 2003).
L'HISTOIRE.
Un homme jeune, moderne, perd son
téléphone portable. Il désire joindre son conseiller clientèle. Commence
alors la galère des relais de standards automatiques.
On découvre le monde kafkaïen où « la science-fiction est aux portes, où
le délire paranoïaque menace d’exploser à chaque instant ».
Ce livre est un pamphlet qui « se
déguste » en une heure. C’est un exutoire excellent contre les méfaits de
la mondialisation. On constate qu’on n’est pas seul, incompris, face à
tous les dysfonctionnements liés à la modernité (portable,ordinateur, …).
Qui ne se reconnaît pas dans les
malheurs de Benoît ? Nous ne sommes pas les seuls râleurs et les seuls
maladroits ! Et cela fait du bien !
Qui n’a pas suivi un parcours du
combattant pour résilier un abonnement, pour obtenir un simple
renseignement (SNCF, batterie d’un portable,…) pp.13-15 ?
Quand enfin on obtient un
interlocuteur humain, on découvre que l’employé a un pouvoir inexistant
p.16.
Benoît fait référence à un
directeur fantoche, Dominique DELMARRE , être obséquieux, inatteignable,
qui tient le client à sa merci.
Et pourtant, nous sommes toujours
des clients privilégiés : on nous offre sans cesse des forfaits
incroyables, véritables « pièges à cons ». Quand on a ce genre de
problème, on rit au début, puis on comprend très vite qu’on est victime de
gigantesques entreprises commerciales qui organisent ces marchés.
Madame HAIGNERE, ex-ministre de
la Science, parle de la « Science, excellent vecteur pour réenchanter le
quotidien ». On veut bien la croire, mais on n’en prend pas le chemin
quand on découvre « les aléas de la communication à tout va dont souffre
la société ».
Après un premier chapitre sur la
perte d’un téléphone mobile, on aborde les soucis avec les cartes
internationales, les « Cartes Premiers » pp.24-25.
Benoît DUTEURTRE nous parle
ensuite des voyages aériens avec les soi-disant problèmes techniques, ce
qui permet de regrouper des vols. Nous nous amusons avec l’archaïque train
Montréal/New York p.29 : les mères autoritaires et les pères… passionnés…
de jeux informatiques.
Puis, nous retrouvons notre héros
avec l’ordinateur et son célèbre mot de passe. Qui n’a pas eu de problème
avec ces codes qu’on oublie, qui changent , avec des pannes non
prévisibles.
Nous sommes victimes de la vie
moderne, surbookés, stressés, paumés dès le réveil p.37.
L’auteur conte ensuite l’incident
avec un prêtre intégriste, en soutane, signe de résistance au progrès. Il
possède cependant une Twingo télécommandée, rencontre un Musulman devant
un Mac Do, dialogue sur Mac ou PC…
DES RAPPROCHEMENTS sont faits
entre Benoît DUTEURTRE et Xavier PATIER, dont un ancêtre était Garde des
Sceaux. Ce dernier a écrit Trentenaire et Démon de l’Acédie,
et parle de l’ISR (Indicateur Synthétique de la Rentabilité), chirurgien
victime des temps modernes de la médecine privée.
Service clientèle
me fait penser au Matin brun de Franck Pavloff aux éditions Cheyne :
Ne sommes-nous pas lâches en ne réagissant pas dès le début, afin d’éviter
des ennuis ? (On subit un Etat brun, avec uniquement des chats bruns, puis
des chiens bruns, puis on recherche des gens ayant eu des animaux non
bruns).
Service clientèle
est un livre léger, teinté de venin, mais sans grossièreté, un livre
ironique qui permet au lecteur de se déculpabiliser. La simplicité est la
vertu capitale de Benoît DUTEURTRE.
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