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Le Cercle de lecture a
proposé...  |
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La Cliente
(Gallimard, 1998)
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de Pierre Assouline |
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Exposé proposé et présenté par
Mme Cardon |
16 mars 2004
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L'AUTEUR
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Pierre Assouline, le biographe, puis le
journaliste, est né en 1953 à Casablanca au Maroc. Fils d'un résistant
qui a participé à la campagne d'Italie, il est le directeur de la
rédaction du mensuel Lire. Egalement collaborateur de RTL, il
est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, qui sont à la fois
biographies, enquêtes et témoignages. On lui doit, notamment,
Lourdes histoires d' eau (Alain Moreau, 1980) et Les
nouveaux convertis (Albin Michel, 1982), des entretiens
avec Antoine Blondin (Le flâneur de la rive gauche)
et Raoul Girardet (Singulièrement libre), ainsi que les
biographies très fouillées, consacrées à Marcel Dassault, Simenon,
Gaston Gallimard, Jean Jardin, Kahnweiler, Albert Londres et ,en 1997,
Le dernier des camondo. Celle d'Hergé, une de ses grandes
réussites, vient de paraître dans une version augmentée et corrigée.
Sa dernière oeuvre, La cliente,
évoquant le thème de l'Occupation et des Affaires Juives (dénonciations,
déportations...), est également son premier vrai roman. Le détonateur,
qui a pu permettre au livre de voir le jour, est la lecture du roman de
l'allemand Bernard Schlink, Le liseur, histoire d'amour entre un
étudiant en droit et une ancienne kapo analphabète. "Le liseur
m'a bouleversé, raconte Assouline, c'était tout à fait l'esprit de
mon livre".
Cet ouvrage représente une nouvelle phase de
sa carrière et de sa vie : "Pierre Assouline bascule de la biographie
d'un romancier, au roman d'un biographe". Bien qu'il délaisse la
biographie pour le roman, il retrouve dans La cliente, les
obsessions qui ont toujours nourri son travail.
L'HISTOIRE
Poursuivant des recherches sur un écrivain, un biographe finit par
s’immerger dangereusement dans les archives de l’Occupation. Il découvre
des milliers de lettres anonymes, dans lesquelles de bons Français
dénoncent leur voisin, un ami, un membre de la famille, des Juifs. Il
découvre par hasard une lettre dénonçant la famille d’un de ses amis, des
commerçants juifs, fourreurs installés dans le quinzième arrondissement de
Paris.
Dans son combat pour la vérité,
le narrateur fera tout pour comprendre, au risque de se perdre lui-même et
de s’exclure de la société.
« De toute façon, à ce stade de
ma névrose, je n’entendais convaincre personne. Vient un moment dans la
vie où on ne se parle plus vraiment qu’à soi, à sa conscience, à son
âme, à son vélo. On est sûr de ne pas être déçu. »
LES PERSONNAGES
Le narrateur : personnage
principal, sans nom ni prénom.
Désiré Simon : pour qui le narrateur fait des recherches.
La famille juive : les Fechner, fourreurs.
Le grand-père déporté et décédé, ainsi que des membres de sa famille.
Le fils Henri (déporté) et le petit-fils François.
La dénonciatrice : Madame Cécile Armand Cavelle (fleuriste), 75 ans au
début du récit.
Les commerçants du quartier (le XVe).
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LE NARRATEUR
Le narrateur est biographe, il poursuit des recherches
sur la vie d’un écrivain Désiré Simon. Il découvre l’univers des Archives
de France avec ses milliers de lettres de dénonciation écrites sous
l’occupation.
L’une de ces lettres concerne l’un de ses proches amis et un de ses
parents : un commerçant dont la famille a été déportée.
Qui a fait cela ? et pour obéir à quel instinct ?
Le nom du délateur figure dans les dossiers ; le coupable est quelqu’un de
très proche !
Le narrateur se met à enquêter : enquête policière qui ne laissera
personne indemne, ni dans le camp des victimes, ni dans le camp des
bourreaux.
Cette recherche l’obsède, il dit :
« Mon obsession tournait à
l’hallucination »
Mais il préfère souffrir d’un désordre plutôt que d’une
injustice !
Il découvre qu’il s’agit d’une dame qu’il va poursuivre sans arrêt, qu’il
va perturber, persécuter, affoler avec une telle violence qu’il en devient
abject !
Il finit par indisposer tout le monde ! D’accusateur, il se retrouve
accusé !
« Ils ne comprenaient pas que
ce que je dénonçais en cette femme, ce n’était pas l’antisémitisme mais
la délatrice. »
Il est honteux et se sent coupable d’agir ainsi,
mais il dit :
« Je n’étais plus qu’un
bloc de haine ! »
Mais pourquoi cette femme est-elle devenue délatrice ?
Avait-elle des raisons sérieuses pour agir ainsi ?
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SUJETS ABORDES
Archives de France.
Il y a 3000 kilomètres d’archives
en France, plusieurs millions de documents.
Il n’est pas facile d’y accéder : des dérogations, des demandes
officielles au ministère, sont nécessaires.
On ne peut reproduire aucun document.
La période 1941-1945.
La recherche des Juifs : tout
était prétexte à arrestations, les relations, le nom (Simon…Shimon…Chamon…)
« Il fallait prouver, non
ce que l’on était, mais ce que l’on n’était pas ! »
Les lettres de dénonciation.
En principe non consultables,
signées ou non, pleines d’horreur.
La famille juive Fechner (51, rue de la Convention,
Paris 15e).
Le grand-père est
mort en déportation.
Le fils Henri, lui aussi déporté, en est revenu.
Le petit-fils François, à qui on n’a pratiquement rien raconté et qui
voudrait savoir.
Ils sont Français, fourreurs depuis trois générations.
Pendant l’occupation leur vie est un vrai cauchemar à la suite de cette
dénonciation : perquisition, réquisition, vente de leur magasin.
On découvre leur vie, leur comportement, leur courage pendant ces tristes
années.
Enfin, après la guerre, le désir d’oublier, de ne plus en parler, de ne
pas raconter :
« Les déportés de retour des
camps n’étaient pas à la fête ; ils embarrassaient tout le monde. »
La dénonciatrice : Madame Cécile Armand Cavelle.
Fleuriste,
habitant en face des fourreurs, dans le 15e, une France en
réduction, concentrée sur quelques mètres : tous les habitants se
connaissaient.
Un bistrot, une église, un ancien déporté seront les témoins de la
persécution de Madame Armand. Certains savent, d’autres croient
savoir, mais personne ne parle !
Pourquoi a-t-elle écrit cette lettre de dénonciation ?
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CONCLUSION
« Dans cette méditation sur la
banalité de la violence, Pierre Assouline raconte un monde fait de
névroses individuelles et de non-dits collectifs… Faute de pouvoir
répondre à la question : Qu’aurions-nous fait ?, le narrateur s’engage
dans une quête à la fois personnelle et universelle. »
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