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Le Cercle de lecture a proposé... 

Des phrases courtes, ma chérie

de Pierrette Fleutiaux
Exposé proposé et présenté par Mme Haineau
03 février 2004
_______________________________
Pourquoi j’ai choisi ce livre ?
  

L’auteur est une dame que mes enfants Danièle et Denis connaissent, elle est venue à Valenciennes dans le cadre du Salon du livre de la jeunesse, elle a obtenu un prix pour Trini fait des vagues.

« Un livre c’est comme une auberge espagnole, on y trouve ce que l’on veut y trouver. »

André MAUROIS  

Je me suis identifiée à la mère de l’auteur qui est l’héroïne du livre.
C’est une ancienne institutrice, son mari était directeur de l’Ecole Normale. C’est le même milieu que le mien. De plus, elle est de Guéret, préfecture de la Creuse, qui est le pays de mes ancêtres. Peut-être ? son caveau de granit aurait pu être taillé par mon grand-père maternel qui était entrepreneur de monuments funéraires, et, malheureusement, de monuments aux morts de la guerre 14-18.

Ce livre n’est pas un roman, ce serait plutôt un sujet de philo ou de psycho. Le sujet en est la vieillesse, problème devenu d’actualité depuis la canicule : on ne sait que faire des personnes âgées.

Je peux dire par expérience (et là je suis juge et partie) que ma belle-mère a eu la chance d’être « en difficulté » alors que j’étais retraitée. Je m’en suis beaucoup occupée et ce sont six années que j’ai passées sans être MOI, aussi je comprends l’auteur quand elle parle de « sept années sous cellophane ».

Qu’est-ce que la vieillesse ?

C’est lorsque plus personne n’a besoin de vous, et que personne ne sollicite votre cerveau. Quand on est vieux, on a des enfants déjà âgés. Pour l’auteur, sa mère est un miroir : elle aurait voulu qu’elle prenne de l’âge sans vieillir, que son arthrose n’empêche pas les escarpins, que son hypertension n’interdise pas la bonne chère, que ses vertiges soient compatibles avec les croisières.

Pourquoi ce titre ?

Parce que ce n’est pas gai d’être enfant d’enseignants. Lorsque l’auteur faisait ses rédactions, sa mère était près d’elle et répétait « des phrases courtes ma chérie ».

L’AUTEUR

Pierrette Fleutiaux est née à Guéret, a fait ses études à une centaine de kilomètres de là, à Limoges  je pense. Elle vit actuellement dans la région parisienne et elle enseigne l’anglais dans un lycée. Elle a commencé à écrire quand elle était petite fille et à raconter des histoires à ses copines. Elle a enseigné sept ans à New-York et traduit L’amant de Lady Chatterley. Elle a reçu le prix Fémina pour son livre Nous sommes éternels en 1990, le prix des Lycéens en 2003 pour Des phrases courtes ma chérie et le Livre d’or des jeunes lecteurs pour Trini fait des vagues.

VIE DE L'EROÏNE

L’auteur raconte la vie de sa mère à l’aide de ses souvenirs et de ce qu’elle a pu glaner lors des visites qu’elle lui rendait.
Tout enfant, elle était tombée dans une bassine d’eau bouillante, accident qui laissera comme séquelles une tache sur la cuisse.

Son père part à la guerre (14-18), elle va à l’école pp.69 à 71, 127-128,
Elle raconte la vie d’autrefois pp. 171, 181-182.
Le précepte qui émerge de son enfance, c’est : « garder la face », précepte cher aux Chinois.
Par opposition, la description de la vie des femmes de maintenant pp. 190-191.

Puis sa mère vieillit, elle est est veuve, vit seule dans une grande maison, il faut trouver une solution p.22. Consentante, elle vend sa maison sans problèmes, les meubles sont déménagés par son fils et les petits-enfants. Un détail la fait pleurer « on n’a pas fait le partage ».

Après deux visites différentes, on trouve la maison de retraite idéale, belle et chic.
A partir de là, des chapitres qui se présentent tous comme des nouvelles :
- Les bijoux : l’achat du collier en or.
- L’achat d’une robe : magasins pour personnes âgées p.80.
- Le docteur, elle « frime » et à la fin de la consultation « Merci mon petit » p.97.
- La coiffeuse.
- La salle à manger.
- Les petits Chinois. Elle a, en somme, adopté un petit Chinois. Les enfants ont toujours été l’amour de sa vie
   p. 126 à 129.
- La penderie où sont rangées les robes en taffetas du temps où l’on allait au bal pour trouver un mari.
- La gymnastique.
- Les pompes funèbres.

Finalement, elle meurt seule sans qu’on lui ait mis les vêtements qu’elle avait préparés dans une petite valise retrouvée plus tard derrière un divan.
Oubliées, les sept années de contraintes, « ma mère me manque », et l’auteur pense encore l’entendre : « Pas de fleurs, des phrases courtes ma chérie ».