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Je
me suis identifiée à la mère de l’auteur qui est l’héroïne du livre.
C’est
une ancienne institutrice, son mari était directeur de l’Ecole Normale.
C’est le même milieu que le mien. De plus, elle est de Guéret, préfecture
de la Creuse, qui est le pays de mes ancêtres. Peut-être ? son caveau de
granit aurait pu être taillé par mon grand-père maternel qui était
entrepreneur de monuments funéraires, et, malheureusement, de monuments
aux morts de la guerre 14-18.
Ce livre n’est pas un roman, ce serait plutôt un sujet
de philo ou de psycho. Le sujet en est la vieillesse, problème devenu
d’actualité depuis la canicule : on ne sait que faire des personnes âgées.
Je peux dire par expérience (et là je suis juge et
partie) que ma belle-mère a eu la chance d’être « en difficulté » alors
que j’étais retraitée. Je m’en suis beaucoup occupée et ce sont six années
que j’ai passées sans être MOI, aussi je comprends l’auteur quand elle
parle de « sept années sous cellophane ».
Qu’est-ce que la vieillesse ?
C’est lorsque plus personne n’a besoin de vous, et que
personne ne sollicite votre cerveau. Quand on est vieux, on a des enfants
déjà âgés. Pour l’auteur, sa mère est un miroir : elle aurait voulu
qu’elle prenne de l’âge sans vieillir, que son arthrose n’empêche pas les
escarpins, que son hypertension n’interdise pas la bonne chère, que ses
vertiges soient compatibles avec les croisières.
Pourquoi ce titre ?
Parce que ce n’est pas gai d’être enfant d’enseignants.
Lorsque l’auteur faisait ses rédactions, sa mère était près d’elle et
répétait « des phrases courtes ma chérie ».
L’AUTEUR
Pierrette Fleutiaux est née à Guéret, a fait ses études
à une centaine de kilomètres de là, à Limoges je pense. Elle vit
actuellement dans la région parisienne et elle enseigne l’anglais dans un
lycée. Elle a commencé à écrire quand elle était petite fille et à
raconter des histoires à ses copines. Elle a enseigné sept ans à New-York
et traduit L’amant de Lady Chatterley. Elle a reçu le prix Fémina
pour son livre Nous sommes éternels en 1990, le prix des Lycéens en
2003 pour Des phrases courtes ma chérie et le Livre d’or des jeunes
lecteurs pour Trini fait des vagues.
VIE DE L'EROÏNE
L’auteur raconte la vie de sa mère à l’aide de ses souvenirs et de ce
qu’elle a pu glaner lors des visites qu’elle lui rendait.
Tout enfant, elle était tombée dans une bassine d’eau bouillante,
accident qui laissera comme séquelles une tache sur la cuisse.
Son père part à la guerre (14-18), elle va à l’école pp.69 à 71,
127-128,
Elle raconte la vie d’autrefois pp. 171, 181-182.
Le précepte qui émerge de son enfance, c’est : « garder la face »,
précepte cher aux Chinois.
Par opposition, la description de la vie des femmes de maintenant pp.
190-191.
Puis sa mère vieillit, elle est est veuve, vit seule dans une grande
maison, il faut trouver une solution p.22. Consentante, elle vend sa
maison sans problèmes, les meubles sont déménagés par son fils et les
petits-enfants. Un détail la fait pleurer « on n’a pas fait le partage ».
Après deux visites différentes, on trouve la maison de retraite idéale,
belle et chic.
A partir de là, des chapitres qui se présentent tous comme des
nouvelles :
- Les bijoux : l’achat du collier en or.
- L’achat d’une robe : magasins pour personnes âgées p.80.
- Le docteur, elle « frime » et à la fin de la consultation « Merci mon
petit » p.97.
- La coiffeuse.
- La salle à manger.
- Les petits Chinois. Elle a, en somme, adopté un petit Chinois. Les
enfants ont toujours été l’amour de sa vie
p. 126 à 129.
- La penderie où sont rangées les robes en taffetas du temps où l’on
allait au bal pour trouver un mari.
- La gymnastique.
- Les pompes funèbres.
Finalement, elle meurt seule sans qu’on lui ait mis les vêtements
qu’elle avait préparés dans une petite valise retrouvée plus tard derrière
un divan.
Oubliées, les sept années de contraintes, « ma mère me manque », et
l’auteur pense encore l’entendre : « Pas de fleurs, des phrases courtes ma
chérie ».
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