Le Mot de l'éditeur :
"Le mort
qu'il faut"
"... Dans le brouhaha de la boîte de jazz, dans la
fumée des cigarettes, nous avions levé nos verres et trinqué à la santé de
Walter Bartel.
- Rotfront ! s'était écrié Jiri Zak.
Et je lui avais répondu :
- Rotfront !
Front rouge ! C'était le salut des communistes allemands, autrefois, à
l'époque sectaire et exaltante, misérable et glorieuse, de la lutte finale
et du mot d'ordre apocalyptique : classe contre classe !
Beaucoup plus tard, alors que nous commencions à devenir pâteux - mais la
musique était à chaque instant meilleure, plus maîtrisée et plus sauvage à
la fois -, Jiri Zak s'était penché vers moi, compagnon de mémoire et de
beuverie.
- Toi qui écris, tu devrais donner une suite au Grand voyage... Il avait dit
Grosse Reise, bien sûr : nous parlions en allemand. Il avait lu mon livre en
allemand.
- Tu devrais raconter la nuit au Revier, à côté de ton Musulman. Tout ce qui
va avec..."
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Pour les déportés de Buchenwald, la vie se réduit à peu
de chose : la ration de pain du matin, le refuge des latrines du petit
camp, et chaque dimanche, la voix douce de la chanteuse Zarah Leander.
Parfois, la survie a le visage du " mort qu'il faut " : son voisin, son
meilleur ami, son frère, un inconnu. Juste quelqu'un qui vous ressemble
assez pour, dans sa mort, vous redonner une identité, une vie. Cela
pourrait être un scénario de science-fiction, c'est le récit-témoignage
d'une histoire hallucinante, où les mots : générosité, cruauté,
solidarité, violence s'écrivent tous en majuscules. L'accompagnement
pédagogique rappelle précisément le contexte historique et politique de
l'œuvre.
Le récit, qui emprunte à la fois à la fiction romanesque et au
biographique, fait l'objet d'une étude narrative précise. L'importance de
la culture, la question du désir, l'acceptation de la souffrance, thèmes
qui traversent Le mort qu'il faut, sont l'objet de développements nourris.
Une longue interview exclusive de l'orge Semprun éclaire les intentions de
l'écrivain.
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Jorge SEMPRUM
En 1937, pendant la guerre d'Espagne, sa famille s'exile en France. A Paris,
il suit sa scolarité puis étudie la philosophie à la Sorbonne.
En 1941, il adhère à l'organisation communiste de la Résistance des Francs
Tireurs et Partisans.
En 1942, il entre au parti communiste espagnol.
En 1943, il est arrêté par la Gestapo et envoyé au camp de concentration de
Buchenwald.
Il rentre à Paris en 1945.
Jusqu'en 1952, il sera traducteur auprès de l'Unesco.
A partir de 1953, il coordonne les activités clandestines de résistance au
régime de Franco au nom du Comité Central du parti communiste espagnol en exil
puis il entre au Comité Central et au bureau politique.
De 1957 à 1962, il anime le travail clandestin du parti communiste dans
l'Espagne de Franco sous le pseudonyme de Frederico Sanchez.
En 1963, il reçoit le prix Formentor pour "Le grand voyage".
En 1964, il est exclu du parti en raison de divergences sur la ligne du parti.
Il se consacre alors à son travail d'écrivain et de scénariste.
En 1969, il reçoit le prix Fémina pour "la deuxième mort de Ramon Mercader".
De 1988 à 1991, il est M inistre de la culture du Gouvernement espagnol.
En 1994, il reçoit le Prix de la Paix des Editeurs et Libraires allemands.
Le Prix Fémina Vacaresco 1994 et le Prix Littéraire des Droits de l'Homme 1995
lui ont été décernés pour L'écriture ou la vie. il a également reçu le prix de
la ville de Weimar en 1995 et le prix Nonino ( Italie) en 1999.
Il est élu à l'Académie Goncourt en 1996.
Il vit actuellement à Paris.
Aux éditions Gallimard
Le grand voyage, roman, 1963 Prix Formentor.
L'évanouissement, roman, 1967.
La deuxième mort de Ramon Mercader, roman, 1969 Prix Fémina.
La montagne blanche, roman, 1986 L'écriture ou la vie, souvenirs, 1994 Prix
Fémina Vacaresco.
Adieu, vive
clarté... blanche, 1998.
Le retour de
Carola Neher, le Manteau d'Arlequin, 1998.
Chez d'autres éditeurs
Autobiographie de Federico
Sanchez, réédité en Points-Seuil en 1996.
Quel beau
dimanche! Grasset 1980 L'Algarabie, Fayard 1991, Gallimard Folio 1997.
Netcha.jev
est de retour, Lattès 1991.
Federico
Sanchez vous salue bien, Grasset 1993.
Mal et
modernité, Climats 1995.
(Source internet)
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