L’auteur
Ruth L.OZEKI est
américaine. Après différentes recherches chez son éditeur et sur
Internet, je n’ai obtenu aucun renseignement sur sa vie et sur son
œuvre. Apparemment elle n’a pas écrit d’autres livres.
Choix du livre
J’ai lu ce livre par
hasard ; les différents sujets traités m’ont fortement intéressée.
« Mon épouse
américaine » est le titre d’une émission télévisée en Amérique, tirée
du livre du même titre, écrit par Ruth L. OZEKI. Elle est produite par
un organisme de vente et d’exportation du bœuf, et d’autres animaux,
qui s’adresse à la ménagère japonaise afin de lui faire connaître la
vie et la cuisine américaine.
L’histoire est curieuse,
humoristique parfois. Au début, elle part un peu dans tous les sens.
Sous son apparente légèreté, le livre devient grave et virulent
lorsque sont abordés les problèmes liés à la viande trafiquée, à
l’hormone de croissance, aux antibiotiques.
Parallèlement aux
tournages proprement dits, est évoqué avec sensibilité le destin de
deux femmes (l’une américaine, l’autre japonaise) bien différentes
dans leur réaction devant la maternité et la sexualité.
Résumé
D’un côté l’américaine
Jane, documentariste, est chargée de produire des émissions
télévisées, qui consistent à promouvoir la viande et surtout le bœuf
américain. Elle doit pour cela trouver des américaines susceptibles de
présenter des recettes typiques, à base de viande, et cela dans leur
cadre habituel, ce qui la contraint à se déplacer dans de nombreux
états. Elle va rencontrer et épouser Sloan après bien des péripéties.
D’un autre côté le
japonais Joichi (ou John) supervise le travail de Jane. Il peut
refuser les documentaires pouvant nuire à la bonne réputation de la
viande de bœuf américaine ; cela se produit au Colorado où Jane
découvre les trafiques d’hormones, d’antibiotiques, administrés aux
animaux.
Passant outre aux ordres
reçus, le documentaire refusé est adressé à un journal ; elle perd son
travail.
Jane entre en relation
avec Akiko, jeune japonnaise, épouse traditionnelle de John.
Malheureuse en ménage, Akiko est fortement troublée par cette série
télévisée qui l’aidera à quitter un mari brutal, alcoolique, l’obligeant
à réaliser et à manger les plats présentés, pensant qu’ainsi elle
deviendrait féconde.
Les deux femmes vont se
rencontrer et s’entraider.
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Au cours de la
lecture du livre on découvre :
La vie japonaise :
Ainsi,
consommer de la viande pour les japonais est d’un usage récent (1990). Cette nourriture était considérée comme frustre et, sous l’influence
du bouddhisme, comme une pratique impure.
Tous les industriels
américains ont donc les yeux rivés sur le marché asiatique .
Le difficile travail de tournage de
documentaires : déplacements, voyages, hébergements, vie de
famille perturbée, est évoqué dans tous ses inconvénients.
La recherche des
candidates « vedettes » est difficile vu l’étendue des USA. Chaque
état américain a sa propre façon de vivre, une relation différente
avec la viande, suivant son origine, sa religion, sa race.
La vie américaine :
Découverte
de la vie au travers de la visite des états : Nébraska, Mississipi,
Indiana, Montana, Colorado, Arkansas, etc….
Cuisine, élevage des bovins,
transformation de la viande, problèmes écologiques et conséquences,
emplois de pesticides, utilisation des DES (oestrogènes),
désertification de certaines régions.
Voici quelques
exemples qui m’ont profondément interpellée.
Mississipi .
Le mari a la voix
transformée pour avoir mangé du poulet aux hormones DES (oestrogène
humain naturel qui fut synthétisé pour la 1ère fois en
1968) – voir aussi « La Voix du Nord » du 21.11.02.
Massachusett :
On apprend que :
- La recherche de sperme se fait
par informatique. Surtout des donneurs noirs qui ne doivent pas avoir
de problème de stérilité !
- Le taux de
spermatozoïdes a baissé de 50% ces 50 dernières années. Ce pourrait
être lié à l’utilisation des hormones
:
Colorado :
Reportage chez un
emballeur de viande de Chicago et élevage industriel de 20.000 têtes
de bêtes !
Moyen de reproduction
par insémination artificielle avec « rut synchronisé » par un
médicament – le lutalyse – dont les résidus se retrouvent dans le bœuf
que l’on mange d’où un problème de santé chez les américains,
européens et de plus en plus japonais.
On découvre, entre autre, que les
conservateurs contenus dans la nourriture ont modifié l’évolution de
la putréfaction d’un corps – on reste plus longtemps en bon état après
la mort !
Horrible : - soins
de santé apportés aux bovins - nourriture des animaux
- recyclage des excréments - visite de l’abattoir – abattage -
Cette partie du livre
est très dure. L’équipe découvre ainsi que la petite Rose est en
péril ; elle présente une puberté précoce due à une intoxication par
œstrogène
Ce livre est très
prenant après un début moins intéressant.
Dans les derniers
chapitres on devient inquiet. Est-ce possible que des agriculteurs
soient aussi inconscients, que des chercheurs aussi peu prudents
mettent sur le marché des produits aussi dangereux ?
Ce livre a été
écrit en 1998. Y a t il des progrès amenés depuis les interdictions
d’utilisation de ces produits pharmaceutiques ?
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Compléments
d’informations d'après la revue « Que sais-je ? »d’Octobre 1998
Fascicule : Les
hormones – Chapitre : de la mauvaise réputation des hormones.
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Utilisées en élevage
leur finalité économique est, bien sûr, d’augmenter le rendement à la
découpe en viande fraîche.
Néanmoins :
- la diminution de
graisse a sa contrepartie dans une diminution de la tendreté et des
qualités gustatives de la viande.
- les produits comme le
lait et certains végétaux qui, eux, ont bonne image auprès du public,
contiennent des quantités importantes de molécules
oestrogéniques.
- l’utilisation des
stéroïdes naturels est autorisée en élevage : aux Etats-Unis, au
Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie.
- ces hormones ne sont
présentes en quantité dangereuse qu’au point d’injection (implants
sous-cutanés au niveau de l’oreille)
- en Europe,
l’utilisation des hormones stéroïdes sexuelles a été totalement
interdite. Les Américains sont contre !