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J’ai accepté de parler de ce roman parce que j’aime
l’auteur qui est simple. C’est un autodidacte, il a à peu près mon âge, ces
évènements je les ai vécus.
De plus, Coulonges est un laïque, un grand défenseur de l’école de la
République: il a été heureux que l’on ait donné son nom à une école dans le
Lot.
Puis il a raconté l’histoire de cette sorte d’émigrés qu’étaient les pauvres
malheureux du centre de la France, obligés de monter travailler à Paris. Mon
père était un Sabot de Paris. Il y était monté à l’âge de 11 ans pour
devenir plâtrier.
L’héroïne Loulette est née comme moi en 1920 ; elle a obtenu le B.E..
Par la suite, elle est devenue institutrice par amour.
Ce que l’on dit de lui.
Jean Louis Barrault dit « Tout ce que Coulonges écrit
est savoureux, cela a du rythme, il y a du soleil dans son style.
Une des qualités de Coulonges est sa sensibilité, son humanité. Je suis
convaincu que c’est un véritable auteur dramatique car il est, avant tout,
un être humain qui a tendance à se barricader derrière un humour délibéré.
Il ne considère pas que la cervelle des humains est la seule glande qui
compte. Il a certaines réactions anarchistes, il refuse de se laisser
« bluffer ».
Il est perfectionniste, studieux, oui, encore une fois : Artisan ».
Biographie de Georges Coulonges.
Georges Coulonges est né le 4 Avril 1923 à Lacanau entre
la mer et l’étang, un Canaulais, autrefois sa ville s’appelait la Canau: le
chenal.
C’était un enfant pauvre, son père travaillait aux chemins de fer. Un petit
cheminot aux habitudes paisibles, à l’intelligence réelle, à la maladie
incurable. Il avait eu une pleurésie et ne s’en était jamais remis. Si on
avait le malheur d’insinuer qu’il était tuberculeux, sa femme poussait des
cris, la tuberculose étant une maladie honteuse.
Georges et son frère n’ont jamais embrassé leur père et, même, ne se sont
jamais approchés de lui.
Il avait été sous-chef de bureau à la Société des chemins de fer à Bordeaux,
et Lieutenant des équipages pendant la première guerre mondiale.
Aux environs de 1925, il avait quitté la ville pour raisons de santé. Il
était magasinier au dépôt de Lacanau, distribuait les boulons, les
charnières aux ouvriers des trois ateliers: bois, fer, peinture. Il était
Socialiste. En 36 il avait montré sa carte SFIO à son fils.
Sa mère était femme au foyer, très pieuse. Georges a fait sa communion et,
en se privant beaucoup, sa mère lui avait acheté la marinière blanche, le
brassard en soie et des souliers vernis.
Il a été inscrit au foot, mais a passé son temps à attendre le ballon. Son
père lui a inculqué la morale sportive, s’ajoutant à toutes les leçons de
morale. Il l’appelle « ce poison que, dès mon plus jeune âge, on a
versé dans mon âme. »
Pour lui, le haut lieu de la Morale était l’école primaire. Pour ce que
l’école lui avait montré de vertus, il avait décidé d’être instituteur.
Il le voulait parce qu’un instituteur connaissant l’orthographe, il
deviendrait Ecrivain.
Après le certificat, il allait fréquenter « les Grandes Ecoles ». En
réalité, c’était le cours complémentaire de St. Médard en Jalles situé à 30
kms de Lacanau. Ce privilège, il le devait surtout au fait qu’il voyageait
gratuitement. Il a passé le brevet en 39. Pour expliquer son succès, sa mère
a dit: « J’avais mis un cierge à la cathédrale ». Lui, disait: « quand
on sait son mérite, on n’a pas besoin des honneurs ».
Il rêve de l’Ecole Normale. Son rêve est détruit par la guerre. Il
travaille pendant 4 années dans les bois et crée un groupe de résistance.
Par une nuit de lune, avec ses copains de Lacanau, il voit s’ouvrir le
premier parachute. Il avait 20 ans et il pensait: « La liberté descend du
ciel ».
Voici la libération, Georges Coulonges exerce tous les métiers des gens
sans métier. Il devient bruiteur à la radio de Bordeaux, puis animateur et
comédien fêté sur toutes les scènes, toutes les estrades.
En 1957, il monte à Paris. Il est auteur de chansons, de théâtre, de
télévision, de romans.
Dans ces milieux très différents dont il trace le tableau, il mène une
existence fourmillante. Il a pour amis Jean Ferrat, J. Louis Barrault, Sine,
Patachou, Francis Lemarque, Silvia Monfort, Ray Ventura…
En 1957, il débute par des chansons. C’est Patachou qui le présente dans la
presse comme une révélation. Elle disait qu’il possédait la qualité la plus
rare qui soit: « l’élégance dans le populaire ». Il avait 34 ans,
avait besoin de soutien : ces mots en furent un grand.
Marcel Amont enregistre son premier disque avec sa chanson phare « Escamillo » :
histoire d’un torero maladroit qui en 20 ans n’avait jamais réussi à mettre
son toro à mort. N’oublions pas que Coulonges est du sud-ouest.
Quand on lui dit, chez Paul Beuscher qu’il est le plus grand parolier de
Paris, il se retient pour ne pas répondre : « Je m’en fous ».
Il y avait une grande raison : il avait découvert J.L Barrault au
théâtre Montigny, à l’Odéon, à l’Elysée Montmartre mais surtout au Palais de
Chaillot, le T.N.P. de Jean Vilar. Coulonges a été écrasé par la valeur des
acteurs et sa nullité. Ecrasé aussi par la Guerre d’Algérie, il adhère au
Mouvement de la Paix. Il écrit pendant 4 ans dans le journal « La
Défense ». Pour remercier les chanteurs de leur participation à la
kermesse du Secours Populaire, il faisait des portraits d’eux dans le
journal : Marcel Amont, Jean Viéner, Francis Lemarque…
En 1962 arrive la paix. Il écrit « L’enfant au tambour » chanté par Nana
Mouskouri et « Les Chanteurs à la Croix de Bois ». Les Frères Jacques
ont chanté pendant dix ans « Don Léon ». Il admirait Piaf et Montant
mais, sans doute par timidité, il n’a jamais cherché à les joindre.
Il est devenu ami avec Jean Ferrat. Il écrit avec lui « Potemkine »,
chanson interdite ainsi que « Du Côté de l’Alsace » présenté à
Bourvil.
Puis il écrit et commence par un livre d ‘humour « Le Général et son
train » et reçoit, trois mois plus tard, en 1964, le Grand Prix de
l’Académie de l’Humour qui lui est remis par Jules Romains.
Il s’occupa du syndicat des auteurs compositeurs et en fut élu secrétaire,
fonction absolument bénévole. Il se bat pour la chanson française à la
radio.
Il reçut le prix exceptionnel de la SACEM pour « La chanson en son
temps ». Alors, il écrit « La Commune en chantant ». A la fin du
spectacle qui eut beaucoup de succès à travers toute la France, Mouloudji
s’avançait et chantait « Le temps des cerises ».
En 1966, il achète une maison dans le Lot, mais avant d’y partir il a
voulu connaître la banlieue et a habité Ste. Geneviève au Bois. Il fait de
la bicyclette, est arbitre de foot, travaille pour la télévision.
Il a été marié deux fois : avec Josette, puis Maïté. Il a eu trois enfants :
Alain, Philippe et Jacqueline.
Sa maison s’appelle la « Cachotte ». Il visite des écoles
bénévolement parce que c’est utile.
« Quels que soient les développements de l’audiovisuel, le livre reste l’un
des outils essentiels de la culture. Si l’on veut que l’homme lise, il faut
lui donner très tôt le goût de la lecture ».
Il voulait que l’école de la République soit la meilleure.
L’été du grand bonheur.
C’est un roman historique: l’histoire de 1936, l’arrivée
du gouvernement de l’union de la gauche, le front populaire, Blum.
Que se passe t-il dans le monde ?
Hitler qui a pris le pouvoir en 1933 et a jeté des
millions d’opposants dans les camps de concentration, vient de réoccuper la
Rhénanie, et de se faire plébisciter avec un pourcentage de 99%.
L’Italie entreprend la conquête de l’Ethiopie.
Le Japon envahit la Mandchourie.
Le Portugal a un dictateur : Salazar.
Depuis Mai 36, le Front Populaire a vaincu en Espagne : pour la droite,
c’est « le Frente Crapular ».
En France, nous avons le ministère Laval et nous votons le 3 mai 36 :
c’est la victoire du Front Populaire. Blum forme le nouveau ministère et
nomme Léo Lagrange à la Jeunesse et aux Sports En somme, le grand bonheur, c
est : les congés payés, les quarante heures, les trains de plaisir, les
auberges de jeunesse, les tandems, les side-cars…c’est la joie des
« salopards en casquette » d’accéder à une vie plus digne.
Le roman se passe à Toulouse. L’héroïne Loulette habite avec ses parents et
son frère dans un immeuble près de la gare, faubourg Marengo. Le père,
Albert Souleil a été renvoyé du Chemin de fer pour complot contre la sûreté
de l’Etat.
Le 6 Février 34 : grande manifestation. - pages 18 et 19-
Loulette a un copain, Luigui, petit Italien émigré.
Laval décrète : il y a 500.000 chômeurs, 500.000 étrangers, on renvoie les
étrangers.
Loulette perd son copain Luigui.
Albert Souleil devient chômeur. Il est « aidé » par des dames riches.
– page 29-
Par l’intermédiaire de son frère, Loulette fait la connaissance de
l’instituteur à la fontaine d’Amour.
Le père retrouve du travail : chauffeur dans une maison riche.
Loulette retrouve l’instituteur à une manif au dépôt des locomotives.- page
51-
A Paris, 500.000 personnes s’étaient réunies au Quartier Latin pour dire « le
fascisme ne passera pas », et il ne passa pas, car le 3 mai 1936, les
urnes envoyèrent au Parlement une majorité décidée à lui faire barrage.
L’instituteur propose au frère de Loulette, pour celle-ci, des vacances dans
une auberge de jeunesse.- page 70-
Définition des auberges.- page 101- (Carte d’usager : 10f. ; hébergement : 4
f./ jour).
Le 14 Juillet 1936 : - pages 76 et 77-
Le père de Loulette « vole » le maillot de bain de la fille de ses
patrons.
Franco soulève la garnison du Maroc. Réflexions du patron. – page 95-
Réflexion de « Madame Mère » à propos des « auberges ».
– page 96-
La fille des patrons rejoint l’auberge et fait la connaissance de Loulette.
Visite de Léo Lagrange à l’auberge. – pages 154, 155 , 156, 158-
Accident mortel de la jeune fille riche. Sur la banquette de l’automobile,
un livre : « Du Mariage » de Léon Blum.- page 202-
L’instituteur propose à Loulette de préparer l’Ecole Normale.- page 211-
Réflexions sur les femmes : altercation de Loulette avec sa mère.- page 235-
Martin Chabrol (l’instituteur) l’aide pour préparer l’Ecole Normale. – page
245-
Loulette consolatrice de la mère de Benoîte (Bugatti).
Grâce à Vincent Auriol (qui sera Président de la République) le père de
Loulette trouve du travail : il fait par chemin de fer du transport d’armes
pour l’Espagne.- pages 278 à 281-
Loulette va aider son père dans la clandestinité. – pages 285 et 286-
Elle découvre une cache d’armes dans la villa des Deslandes-Winker.
Ils seront dénoncés par le fils du chauffeur.
Albert raconte la guerre d’Espagne : Guernica. – page 302-
Loulette repart en vacances avec Martin, en tandem, à Biscarosse.
Ils reçoivent des Allemands. – pages 322 à 326-
Lorsque Loulette sortit de l’Ecole Normale, commençait la guerre.
Martin fut prisonnier jusqu’en Juin 45. Le mariage eut lieu au printemps, et
en octobre 46, le ménage prit ses fonctions dans un village au nord du
département.
Vincent Auriol est élu Président de la République.
Georges Coulonges a écrit :
Romans.
Le Général et son train. - Prix de l’humour. -1964-
La lune papa. - Prix Alphonse Allais. -1966-
Le temps des cerises.Clude.
Anthelme Collet.
La terre et le moulin.
La liberté Stéphanie.
Un comédien dans un jeu de quilles.
Les terres gelées.
La fête des écoles.
La Madelon de l’an 40.
L’enfant sous les étoiles.
Les flammes de la liberté.
Le chemin de nos pères :
Les sabots de Paris.
Les sabots d’Angèle.
La liberté sur la montagne.
Les boulets rouges de la commune.
Pour
la télévision.
Pause café.
Joëlle Mazart.
Pause café tendresse.
Romans pour la jeunesse.
On demande un grand-père gentil et connaissant des
trucs.
La grand-mère aux oiseaux.
Grand-père est un fameux berger.
Une grand-mère en chocolat.
Théâtre.
Le week-end des patriotes. Avignon. 1977. Zadig, de
Voltaire. Compagnie Renaud-Barrault. 1979.
La folie Turlupin. Comédie Française. 1981.
Les Strauss. Compagnie Renaud-Barrault. 1982.
La rôtisserie de la Reine Pédauque, d’après A.France. Comédie Française.
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